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Regards Africains
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Regards d'Afrique

Réactions au N° 47/48 sur le "Racisme Anti-Noir"

Regards Africains a-t-il été «antisémite» ?

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Deux organismes officiels, Commission fédérale et Service de lutte contre le racisme, sont formels : Lutter pour la même justice que les Juifs, c'est les «diffamer», c'est «banaliser l'antisémitisme» ! Mais, plutôt que d'actionner l'art. 261 bis, ils punissent Regaf'...

Notre dernier numéro sur le racisme anti-Noir a été financé par le Service de lutte contre le racisme (SLR). Dépendant du Ministère de l'Intérieur à Berne, ce service a été créé en 2001 pour gérer le Fonds des Projets contre le racisme voté par le Parlement suisse pour une période de cinq ans, à la suite de l'affaire des fonds juifs en déshérence.
Le financement accordé à Regards Africains avait été assorti d'une vaine mise en garde contre une seule et unique banalisation, celle de l'antisémitisme. Malgré la présence dans le sommaire proposé d'autres titres tout autant polémiques et loin d'être agréables aux Arabes (ex. L'Islam et les Africains: l'autre (raciste) mission civilisatrice; «Frères» arabes, ces autres racistes oubliés à Durban; etc.), voire aux Noirs (ex. Les porteurs de crachat, etc.), seuls les articles où les Juifs pouvaient se sentir visés ont retenu l'attention tant du SLR que de la Commission fédérale contre le racisme (CFR). Pour des raisons politiques clairement avouées.

D'abord, la réaction du SLR :

«(...) Nous regrettons de devoir constater que nos mises en garde en ce qui concerne toute polémique éventuelle sur une tendance vers une banalisation de l'antisémitisme n'ont pas été tenues. En effet, dans la lettre d'accompagnement comme dans la décision nous avancions que : "A titre préventif et eu égard de l'appui politique que constitue notre soutien financier, nous aimerions souligner qu'aucune tendance vers une banalisation de l'antisémitisme n'est acceptée dans le cadre du Fonds de projets contre le racisme et en faveur des droits de l'Homme". (...) En choisissant des titres polémiques (par ex. "Duel entre victimes : Juifs vs. Noirs", "Un leadership judéocentré. Sinon, rien"!), en recourant à des citations allant dans ce sens-là ("Le mot juif ne peut être prononcé par quelqu'un qui ne l'est pas"), vous surfez sur la ligne de la banalisation de l'antisémitisme. Dans ce sens, nous regrettons fortement que votre publication n'ait pas su respecter les conditions émises lors de l'octroi du subside. Nous le répétons : l'appui financier du Fonds constitue un appui politique»... La lutte contre le racisme en Suisse a ainsi pour crédo officiel : l'éthique au service du politique! Le politiquement incorrect ne passe pas. Mais le SLR se garde de le crier sur les toits.
Organe officiel de la lutte officielle contre le racisme, la CFR a fait connaître sa position dans une lettre de son président, l'historien Georg Kreis. Qui se complaît également dans le procès d'intention, incapable d'articuler une argumentation cohérente, rationnelle. Il reproche ainsi à la revue de reprendre «dans certains de ses passages des lieux communs de l'antisémitisme sans les commenter, et qu'elle fasse de ce dernier quelque chose d'anodin». Comme illustration de ce "lieu commun": «Ainsi, Mary Robinson, Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, y est violemment critiquée parce qu'elle n'a pas approuvé le rapport des ONG à la Conférence mondiale contre le racisme de Durban en raison des tendances antisémites dont il faisait preuve»...
En outre, le fait d'établir une asymétrie entre les acquis des Juifs et les non-acquis des Noirs dans la lutte contre le racisme revient à «diffamer l'un de ces groupes de victimes en prétendant revaloriser l'autre»! Et même à vouloir qu'«un groupe de victimes se dresse contre un autre»!
Enfin, ce délire obsessionnel devient hallucinant lorsque le président de la CFR s'indigne de l'usage du mot "holocauste" pour des tragédies Noires : «C'est inacceptable si on veut par là dénier aux Juifs le droit à réparation ou reprocher aux victimes juives de chercher à tirer avantage de l'holocauste»!...
_ Mutombo Kanyana

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Une lectrice : «Vous faites passer le Judaïsme du statut d'opprimé à celui d'oppresseur»

Face au mutisme observé par les milieux juifs, nous avons fortement encouragé notre co-locataire de bureau à partager avec vous ses critiques à notre égard.

Réagissant ici dans le cadre de la sociolinguistique et du multiculturalisme à propos de votre dernier numéro de Regaf', nous saluons ici votre démarche de mémoire concernant la ségrégation raciale et ses justifications historico-religieuses. Vous nous livrez là un numéro exhaustif sur les problématiques liées au racisme anti-Noir offrant désormais des pistes utiles aux chercheurs.
Cependant, il est également révélateur du dérapage du multiculturalisme qui tend à ressusciter les ghettos communautaires là où les cultures devraient s'ouvrir les unes aux autres (1)1. On est Noir, on est Juif, on est Arabe, on est... tout à la fois mais on doit choisir «sa minorité de prédilection identitaire» (2)2 à l'instar des afro-américains qui, après avoir déploré la ségrégation, l'exercent à l'encontre des non descendants d'esclaves jusque et y compris les Afro-européens ou les Africains, selon vous-mêmes (3).
Quant à l'aberration que représente le racisme pigmentaire nous vous renvoyons au film de Boulou Ebanda de B'béri, cinéaste québécois, sur le thème de la mémoire des Noirs du Québec, A la Recherche de mon Pygmalion, Mémoires (4). Ce documentaire traite des différentes identités Noires du Québec, Haïtiens arrivés de fraîche date ou descendants des esclaves présents sur le sol québécois depuis 400 ans, à chacun sa petite histoire de racisme ordinaire avec comme point commun la sempiternelle question : «d'o venez-vous en fait ?ª, innocente question et prÈvention contre toute intÈgration vÈritable.
Sans se livrer ici ý un humanisme dÈplacÈ et en vous renvoyant ý la LICRA (5) qui lutte contre racisme et antisÈmitisme comme un seul et mÍme mal, il ressort de vos articles quíen fait la seule bataille digne díÍtre livrÈe concerne les droits de líHomme au nom de la seule race humaine.
La culture doit consolider une identitÈ, nous permettre de nous construire, et une mauvaise digestion du multiculturalisme envisagÈ comme une perpÈtuelle mise en parallËle des minoritÈs peut provoquer des spasmes auxquels vous-mÍmes, chers amis de Regafí, níÈchappez pas.

´Des juifs à toutes les pages d'un numéro consacré aux noirsª...

En effet, il est regrettable de trouver sous votre plume des formules du type ´cause spÈcifique ý sa raceª (6), et symptomatique de voir les Juifs (et accessoirement les Arabes) rÈapparaÓtre ý toutes les pages díun numÈro consacrÈ aux NoirsÖ Lý est le non-sens, sinon le contresens. Rappelons que la premiËre comprÈhension du racisme (7) est celle de líinÈgalitÈ des races et de líineptie selon laquelle le mÈlange de celles-ci entraÓne une dÈgÈnÈrescence.
Quant ý votre fameux ´double Holocausteª: est-ce deux fois une Shoah? Qui dit mieux, les aborigËnes, les Kurdes, les Ijaws, les ArmÈniens?... Est-ce que par hasard vous ne vous trompez pas de cible en Ètablissant un parallÈlisme compÈtitif avec le judaÔsme? Les IsraÈliens sont-ils responsables du fait que Durban ait ÈtÈ dÈtournÈ de son propos initial de combat du racisme pour se placer sur un plan politique amalgamant sionisme et racisme pour mieux noyer le poisson ? Tout com-me le multiculturalisme est nÈ au Canada, en Australie et aux Etats-Unis pour noyer leur principal problËme ´minoritaireª dans la masse des minoritÈs, le racisme risque la noyade dans de coupables amalgames.
Au nom du respect humain et prÈcisÈment parce que les ´martyrologies juive et noire sont ý dÈcliner sur le mode de la solidaritÈ de victimes et non sur celui de líexclusionª (8) mettre un double ou un triple ý une tragÈdie humaine est dÈplacÈ.
Des amalgames et parallÈlisme regrettables que líon retrouve dans vos lignes permettent au JudaÔsme de passer du statut díopprimÈ ý celui díoppresseur au point de reprÈsenter pour les gamins des lycÈes, noirs et arabes confondus, une entitÈ nÈgative. Sans adhÈrer ý votre image des ´brothers & sistersª ´qui rÈagissent de maniËre plus Èmotionnelle que rÈflÈchie quand ils se sentent interpellÈsª (9), nous dÈplorons líinutile provocation dans votre citation de Sartre en dehors de son contexte et sur votre premiËre de couverture qui pose les jalons díun dÈterrement de hache de guerre ý líÈgard díune communautÈ qui níen a pas plus besoin que la diaspora africaine (ou toute communautÈ basÈe sur sa visibilitÈ). Allez expliquer aux millions de Juifs morts dans les camps nazis quíils auraient pu nier leur JudaÔsme et Ítre de ce monde, allez surtout líexpliquer aux Juifs Èthiopiens dont vous rappelez pourtant líexistence.
Condamnons ensemble tout racisme, ostracisme ou aliÈnation au nom peut-Ítre díun droit ý líindiffÈrence. Rappelons ý vos lecteurs qui níont peut-Ítre pas votre avis ÈclairÈ sur le JudaÔsme et les persÈcutions dont il fait líobjet depuis une vingtaine de siËcles, que le rappel de certaines inepties talmudiques et dÈrives politiques pourrait dÈsormais cÈder le pas ý celui de la lutte pour les droits civiques que Noirs et Juifs ont livrÈ cÙte ý cÙte aux Etats-Unis au nom des droits de líHomme et du Citoyen. Quant ý vos rÈfÈrences bibliques, pourquoi ne pas ajouter le plus beau poËme díamour de la culture mondiale, le Cantique des Cantiques, Ècrit par le roi juif Salomon ý la reine de Saba ou la femme noire de MoÔse, líhomme qui a sorti les JuifsÖ de líesclavage díEgypte !
_ DaphnÈ L. Romy, GenËve

1) cf. Neil Bissoondath, Le MarchÈ aux Illusions, la mÈprise du multiculturalisme, MontrÈal : BorÈal, 1995
2) cf. Georges Picard, Petit traitÈ ý líusage de ceux qui veulent toujours avoir raison, Paris : JosÈ Corti, 1999; notamment son chapitre sur la valeur du tÈmoignage, Qui Parle? : ´Si vous appartenez ý une minoritÈ forcÈment exploitÈe, minoritÈ linguistique, religieuse, sexuelle, culturelle, sociale, physique, etc., vous serez tentÈ de transformer votre destin en argument. Ce níest pas loyal mais cíest humain, et surtout, efficace dans un dÈbat o˜ dire la vÈritÈ importe moins que parler vraiª...
3) Regards Africains No 47/48, p. 59.
4) Pour plus díinfo : drm@interasso.com
5) Ligue Contre le Racisme et líAntisÈmitisme, www.licra.ch
6) Regards Africains No 47/48, pp. 58-59.
7) Axel Kahn, ConfÈrence ý UniversitÈ de GenËve, Race, Racisme et Biologie, dans le cadre du Forum de líUniversitÈ de GenËve sur ´Racisme et TolÈranceª, 7.5.2002.
8) Regards Africains No 47/48, pp. 64-65.
9) Regards Africains No 47/48, pp. 62-63.

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La rÈponse de Regards Africains

De la rÈaction de notre lectrice ý celles trËs officielles de la Commission fÈdÈrale contre le racisme ou du Service de lutte contre le racisme, il se dÈgage de gros traits communs qui traduisent plusieurs dÈclinaisons de la seule chose dont les uns et les autres ont ÈtÈ capables : le procËs díintention, propre ý compenser des lacunes analytiques Èvidentes et ý Èviter le vrai dÈbat de fond. Jusquíau dÈlire. Car, il níy a dans ce numÈro honni de Regards Africains, expression non complaisant des victimes, rien qui traduise líantisÈmitisme ou sa banalisation. Ni subjectivement, ni objectivement.

LíANTISŠMITISME NíEST PAS AFRICAIN!

Non seulement líantisÈmitisme ne fait pas partie de líhÈritage historique, culturelle, politique ou idÈologique des Africains. En plus, celui-ci est totalement superflu comme levier pour faire avancer la cause des Noirs. Outre quíil est incompatible avec les valeurs ancestrales africaines qui guident Regafí.
La seule utilitÈ pour nous de líantisÈmitisme cíest de servir de cadre de rÈfÈrence ý díautres luttes comme celle contre le racisme anti-Noir. Aussi, lorsque des lignes symÈtriques et asymÈtriques entre ces deux formes de racisme sont tracÈes, cíest pour que la lutte contre le racisme anti-Noir puisse connaÓtre les mÍmes avancÈes enregistrÈes dans la lutte contre líantisÈmitisme : ý la reconnaissance non seulement de líHolocauste juif comme crime contre líhumanitÈ, mais aussi celle du droit aux regrets, aux rÈparations ou ý la criminalisation de toute offense ý la MÈmoire juive, devrait correspondre les mÍmes reconnaissances pour les Noirs.
Comment peut-on Ètablir autrement ces avancÈes díun cÙtÈ et ces non-avancÈes de líautre si ce níest en dÈgageant les symÈtries et asymÈtries entre les deux racismes? Comment cette revendication pour plus de justice pour les Noirs et ý une ÈgalitÈ de traitement devient-elle une ´diffamationª ý líÈgard des Juifs, une ´banalisation de líantisÈmitismeª et mÍme une rÈelle volontÈ de ´dresser un groupe de victimes contre un autre (comme si cíest aux Juifs que les Noirs demandent justice!), de ´dÈnier aux Juifs le droit ý rÈparation, de reprocher aux victimes juives de chercher ý tirer avantage de líholocausteª et autres inepties. Par une lecture aussi primaire et uniquement Èmotive, les responsables suisses de la lutte officielle contre le racisme se discrÈditent. Aucune distance critique, pour des personnes dont le cahier des charges enjoint díÍtre au-dessus de la mÍlÈe et des passions qui agitent souvent le microcosme antiraciste.
Quant ý líusage du mot ìholocausteî, malgrÈ deux pages pleines dÈroulant sept arguments qui justifient son utilisation pour les tragÈdies Noires, personne ne daigne entrer en matiËre sur líun ou líautre des arguments. Par contre, on prÈfËre condamner son usage de maniËre pÈremptoire, tel un dictat.
Serait-ce líintroduction du concept de ìdouble Holocausteî qui aurait provoquÈ encore davantage notre stigmatisation? Pourtant, ici aussi tout a ÈtÈ expliquÈ. Nous sommes ý des annÈes lumiËres de toute volontÈ de survaloriser les tragÈdies Noires par rapport ý díautres. Líexpression ´Double Holocauste Noirª nía pas ÈtÈ utilisÈe dans le but díengager une compÈtition victimaire. Mais plutÙt pour apporter une distinction Èvidente et nÈcessaire entre deux tragÈdies spÈcifiques dans leur chronologie et la composition de leurs protagonistes.

R»GNE DE LA MAUVAISE FOI !

Une telle distinction est particuliËrement utile dans la perspective des revendications Noires : les demandes de rÈparations pour la traite nÈgriËre et líesclavage, díune part, et pour la colonisation, díautre part, níauront pas les mÍmes protagonistes. Ainsi, si les Arabes ont ÈtÈ victimes de la colonisation, ils se retrouvent parmi ceux qui ont perpÈtrÈ la traite nÈgriËre et líesclavage, au mÍme titre que les Occidentaux ý qui il est demandÈ rÈparation. Du reste, cíest ce mÍme concept de deux tragÈdies distinctes qui a ÈtÈ adoptÈ par tous ý Durban. O˜, seul le premier holocauste Noir ý ÈtÈ reconnu Crime contre líhumanitÈ. Il faut Ítre de mauvaise foi pour nous faire rÈduire le ìDouble Holocauste Noirî ý un concept compÈtitionaire.
La mauvaise foi. Ou líillÈtrisme. Comme chez notre lectrice. Qui va jusquíý voir ´les Juifs rÈapparaÓtre ý toutes les pages díun numÈro consacrÈ aux Noirsª. Surtout, elle invente un ìnumÈro consacrÈ aux Noirsî lý o˜ il y a plutÙt un numÈro consacrÈ au racisme anti-Noir. La nuance est de taille : dans le premier cas, on níaurait quíun seul sujet, le Noir dans toute sa splendeur et sa mÈdiocritÈ; dans le second cas, deux sujets síimposent forcÈment, les victimes et les auteurs du racisme anti-Noir. Or, parmi ces derniers, figurent en bonne place les Juifs, peuple dÈpositaire des mythes fondateurs de ce racisme.
Quant ý la citation de Jean-Paul Sartre sur la couverture du numÈro, elle ne fait que reconnaÓtre aux Noirs une victimologie plus spÈcifique, irrÈversible: ils ne peuvent rien changer ý leur visibilitÈ Noire. Cíest un ÈlÈment objectif ý prendre en compte si on veut comprendre le racisme anti-Noir.
Cela dit, nous ne sommes pas dupes. Remis fortement en question dans leurs certitudes et convictions ethnocentristes, nos contradicteurs refusent díÍtre confrontÈs ý une autre lecture de líhistoire ainsi quíý une requalification de faits du passÈ sous-qualifiÈes jusque lý. ObligÈs de rÈagir, ils le font vaille que vaille, avec líargumentaire hÈtÈroclite et malveillant des procËs díintention. Líinterdiction de mettre en relation (ìen compÈtitionî, nous accuse-t-on) deux racismes cache plutÙt cette double interdiction, bien vraie, mais sourde, parce que raciste :
1) On ne peut mettre en relation les victimes juives de racisme, leurs luttes et acquis ý díautres victimes, surtout pas des NËgres;
2) Les NËgres níont de droits ý faire reconnaÓtre que ceux que militants et services antiracistes occidentaux leur articulent!
Cíest un vrai dÈbat de fond que nous rÈclamons donc sur ces questions qui semblent poser problËme: la lutte contre líantisÈmitisme, par ses acquis indÈniables, peut-elle profiter ý díautres luttes antiracistes, et comment? Les Noirs ont-ils le droit díavoir leur propre lecture du racisme quíils vivent ?

LUTTE CONTRE LE RACISME PRISE EN OTAGE

Les institutions suisses de lutte et de financement de la lutte contre le racisme que sont la CFR et le SLR auront-elles ce courage de descendre de leur position de pouvoir afin de síengager dans un dÈbat franc, sans a priori, dictats et autres incantations? Nous leur ouvrons largement nos colonnes.
Sinon, quíelles se battent alors ý la loyale et engagent un procËs en rËgle, en faisant actionner contre nous líart. 261 bis du Code pÈnal suisse, seul ý punir correctement la ´diffamation des Juifsª et la ´banalisation de líantisÈmitismeª quíelles nous imputent.
Pour le moment, elles prÈfËrent le procËs díintention. Et prendre en otage la lutte contre le racisme anti-Noir en Suisse, gr’ce ý des mesures de rÈtorsion en abusant des pouvoirs et des moyens mis ý leur disposition: le SLR, qui a financÈ le numÈro incriminÈ, a refusÈ tout crÈdit ý la poursuite de ce projet de sensibilisation qui devait aussi toucher les Suisses et les Africains díexpression non-franÁaise, avec des Èditions allemande et anglaise. Un refus sous un double discours.
Dans un premier temps, rÈagissant au numÈro, le SLR insiste avec force sur la ´banalisation de líantisÈmitismeª (voir p.4). Dans un second temps, il va justifier son refus de subside pour díautres raisons: non prise en compte de la ´rÈalitÈ suisse-alÈmaniqueª (comme si seule la Suisse romande transparaÓt dans ce numÈro); absence de collaboration avec ´une organisation suisse-alÈmanique en mesure de garantir un effet multiplicateur ainsi quíun travail de sensibilisation consÈquentª (comme si le CRAN, associÈ ý notre projet, níavait pas cette mission); absence, deux ans aprËs Durban, dí´un contenu plus actuel, notamment en ce qui concerne la mise en úuvre du programme díactionª (un programme inexistant en Suisse!)...
Mais, quelque soient les gesticulations futures de nos contradicteurs, avec menaces ou intimidations ý la clÈ, nous ne cesserons jamais díaffirmer et de dÈfendre notre dignitÈ humaine de Noirs. Verticalement. Le NËgre Oncle Tom ne loge pas chez Regafí!
_ Mutombo Kanyana

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